Bon sens et Photovoltaïque ...
Par Sylvain le dimanche 8 mars 2009, 20:04 - Informations - Lien permanent
"De plus en plus, nos concitoyens prennent conscience de la nécessité d’agir pour le climat et d’adapter leurs logis en conséquence. Mais quel choix vont-ils faire face aux aides publiques qui sont aujourd’hui consenties ? Vont-ils chercher à maximiser les économies d’énergie ou vont-il plutôt privilégier la rentabilité financière ? Cette brève analyse vous convaincra sans doute qu’ils opteront majoritairement, hélas, pour la seconde solution…"
Par Benoît Spies et Baptiste
Buxant
Un tableau particulièrement édifiant
Monsieur Dupond a enfin tout analysé avec minutie ; il a tout décortiqué afin de déterminer la mesure qui sera incontestablement la plus intéressante pour lui. Il aboutit au tableau suivant… et il n’en croit pas ses yeux !
| Coût (1) | Coût (2) |
Réduction |
Aides |
Aides publiques (5) |
Temps de retour simple (6) |
Rentabilité (TRI) (7) |
|
| Isolation du mur | 11.200 |
131 |
85,2 |
23 |
5,9 |
14 |
8,2 |
| Panneaux solaires thermiques |
6.000 |
768 |
7,8 |
654 |
164,1 |
10 |
7,6 |
| Panneaux photovoltaïques |
8.400 |
856 |
9,8 |
1.558 |
391 |
3 |
23,7 |
(1) en euros / (2) en euros par tonne de CO2 évitée / (3) en tonnes / (4) en euros par tonne de CO2 évitée / (5) en euros par MWh primaire économisé / (6) en années / (7) en pourcentage
Alors ? Selon vous, que fera Monsieur Dupond ? Sans doute va-t-il installer des panneaux solaires photovoltaïques et se féliciter de la rentabilité de son investissement ? Cela même s’il s’agit de la mesure la moins efficace pour réaliser des économies d’énergie ! L’opération coûtera à la collectivité 1.558 euros par tonne de CO2 évitée et permettra d’épargner 9,8 tonnes de CO2 seulement sur vingt années…
A la lecture du tableau, on peut constater aisément qu’un euro investi dans l’isolation du mur est six fois plus efficace, d’un point de vue énergétique, que s’il est investi dans l’installation de panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques. Cependant, l’isolation du mur est franchement moins intéressante d’un point de vue financier, lorsqu’on intègre les aides publiques, que l’acquisition de panneaux solaires photovoltaïques. Cette contradiction découle du fait que des aides publiques plus importantes sont octroyées aux mesures moins efficaces. Ainsi, la mesure la plus utile énergétiquement devient-elle la moins intéressante d’un point de vue financier ! On voit, en effet, dans la sixième colonne du tableau, que l’aide publique consentie pour l’économie d’un MWh d’énergie primaire est soixante six fois plus importante pour le photovoltaïque que pour l’isolation des bâtiments. Qu’est-ce qui peut motiver pareille disparité ?
In fine, c’est l’ensemble de la société qui est perdante car nos moyens financiers vont vers les mesures les moins efficaces. Nous savons tous, pourtant, qu’il reste peu de temps et de ressources pour tenter de créer une société offrant une qualité de vie satisfaisante malgré la raréfaction de l’énergie. Nous sommes, dès lors, en droit de nous poser des questions. Tous nos moyens et toute notre énergie ne devraient-ils pas se concentrer sur les mesures prioritaires ? A tout le moins, toutes les mesures ne devraient-elles pas être soutenues de manière équivalente et proportionnellement aux économies d’énergies qu’elles permettent ?
article complet http://www.natpro.be/photovoltaique.html